Des milliers de bâtisseurs bénévoles

Si l’on admet que chaque chantier, pour lequel Breiz Santel est intervenu, a mobilisé au moins 10 bénévoles, 200 chantiers cela fait 2000 bénévoles, au bas mot . Si l’on considère que des chapelles sont reconstruites en dehors de Breiz Santel, que les personnes bénévoles impliquées de près ou de loin dans un chantier peuvent atteindre la centaine, alors on peut évoquer les milliers de bâtisseurs bretons qui ont entrepris, dans un élan de solidarité et de générosité, la reconstruction d’un calvaire, d’une fontaine, d’une chapelle.

Ce site veut ainsi apporter un hommage à ces milliers d’anonymes courageux et obstinés.

D’abord rappelons quelques faits.

Au départ il y a très souvent un état de ruines avancé: quelques pans de murs, menaçant de s’écrouler, rongés par le lierre et entourés d’un fouillis inextricable d’arbres, arbustes et ronces (voir plus en avant les photos des chapelles dans leur état initial avant reconstruction) . Très souvent aussi les ruines se trouvent dans une petite commune, disposant de très peu de ressources financières, qui, quelque fois, s’interroge sur le bien fondé de maintenir des ruines dont la disparition semble inéluctable.

Et puis, un jour, des voisins, ou des personnes émues par ce délabrement, vont vouloir changer cela , vont même rêver de voir ce monument revivre. Breiz Santel est contacté et fait un premier état des lieux. Avant toute chose il faut y voir plus clair, donc débarasser les restes de murs de toute végétation. Alors commence un long travail à la tronçonneuse, à la pelle , à la pioche. Se faire un chemin d’accès. Débroussailler. Consolider. Débroussailler encore.. Enlever la terre. Enlever les ronces et la végétation qui noient des tas de pierres écroulées. Evacuer les poutres pourries ou cassées. On se prête des outils, des tracteurs, des remorques. On se donne rendez-vous en fin de journée, en fin de semaine, pendant de longs mois. D’autres bénévoles viennent de l’extérieur : on les héberge, on les nourrit.

Enfin toute trace de végétation disparaît. Il ne reste plus que des pierres, soit sur les murs, soit par terre. En principe avec celles qui sont par terre on devrait pouvoir reconstituer les murs d’origine, s’il n’y a pas eu de prélèvement sauvage. Il faut donc essayer de deviner la position qu’occupait chaque pierre, mesurer celle-ci, la numéroter, pour l’inclure dans un plan de reconstruction à l’identique. Exercice fastidieux qui demande des trésors de patience et d’ingéniosité.

Breiz Santel va alors proposer un devis estimatif de première remise en état. Cette fois le travail bénévole ne suffit plus, il faut prendre les services de maçons qualifiés et de tailleurs de pierre, il faut louer des engins de manutention et de levage. Il faut donc disposer d’argent. Les débroussailleurs vont devoir se transformer en collecteurs de fonds. Car même si la mairie, le conseil général, donnent un " coup de pouce ", il n’y aura jamais assez . Alors il va falloir faire appel à la générosité des habitants de la commune , puis des communes voisines. On va organiser des kermesses, des fest noz. Là encore le bénévolat va rassembler des volontaires pour s’occuper de l’organisation de la fête, qui connaitra sans doute un franc succès, car tout le monde sait pour quelle noble cause elle est conçue, et la générosité n’est pas un vain mot dans les campagnes bretonnes.

Quoiqu’il en soit les dépenses vont en augmentant, et les soucis de financement également. Une fois les murs reconstruits, il est impératif de mettre l’édifice hors d’eau, donc de construire un toit. L’ancienne charpente ayant disparu en totalité ou en partie, il faut la reconstituer, à l’identique si possible, ce qui veut dire un merveilleux ouvrage de charpentier, en bois noble sculpté ou ornementé. Une fortune ! Les kermesses et les fest noz suffiront-elles ? Par chance, quelques fois apparaissent de généreux donateurs, émus par ce combat insensé et magnifique. Cela va-t-il permettre d’aquérir les vitraux qui parachèveront avec bonheur l’œuvre entreprise ?

Chaque chapelle reconstruite, chaque chantier de rénovation a son histoire, ici les difficultés semblent insurmontables, il y a du découragement, les années passent puis ça repart. Là les difficultés sont levées au fur et à mesure, comme par miracle. Là encore les ressources font vraiment défaut et on doit arrêter le chantier à mi-chemin, en attendant des jours meilleurs.

Dans tous les cas ces bâtisseurs ont des qualités comunes : courage, tenacité, intelligence… et la foi !

 
       
   
 
       
   
 

 

 

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